Les avocats de Donald Trump demandent au parti républicain de ne pas utiliser son nom

  
Vendredi, les avocats de Donald Trump ont envoyé une mise en demeure au parti républicain, leur ordonnant de ne plus utiliser le nom de l'ancien président sans son autorisation.

Entre Donald Trump et le parti républicain, une ambiance pas forcément au beau fixe. Vendredi, les avocats de l'ancien président ont envoyé une mise en demeure à plusieurs entités du parti républicain, leur ordonnant de ne plus utiliser le nom de l'ancien président sans son autorisation pour des levées de fonds ou la vente de produits dérivés, rapporte Politico. Malgré sa défaite qu'il ne reconnaît toujours pas, Donald Trump est considéré comme le dirigeant de facto du parti républicain, plus divisé que jamais après l'invasion du Capitole par des militants pro-Trump qui ont interrompu la certification des résultats de l'élection par le Congrès.

Dans le premier discours donné depuis la fin de son mandat, Donald Trump a sous-entendu qu'il serait prêt à se présenter pour l'élection de 2024, excluant au passage de créer un troisième parti politique. Il a demandé l'unité au parti républicain... mais pas avec tout le monde : il a demandé l'exclusion des élus (dix de la Chambre des représentants et sept du Sénat) qui ont voté en faveur de sa mise en accusation puis de sa culpabilité une fois jugé devant le Sénat pour «incitation à l'insurrection». «Débarrassez-vous de tous», avait-il déclaré lors de la CPAC, grande conférence rassemblant les conservateurs. «Qui sait, je pourrais décider de les battre une troisième fois», avait-il ajouté, mêlant en une phrase mensonge sur l'élection qu'il a perdue et espoir d'une candidature présidentielle dans trois ans, sans se déclarer officiellement : «Avec votre aide, nous reprendrons la Chambre, nous remporterons le Sénat puis un président républicain fera un retour triomphal à la Maison-Blanche. Et je me demande bien qui cela sera. Je me demande qui cela sera. Qui, qui, qui cela sera, je me demande?»

Trump pourrait "faire grandir" le parti républicain... ou "le détruire"

Malgré sa défaite électorale, Donald Trump garde une influence majeure au sein du parti républicain en raison du soutien des électeurs, dont certains ont été convaincus par ses accusations mensongères de fraude électorale. Les élus républicains sont donc pris en étau entre les faits et la volonté de plaire à celui qui, en un soutien à un rival, peut les faire perdre une primaire. Les élections de mi-mandat, en novembre 2022, seront le premier test pour les républicains. Lors d'une interview accordée à Axios et HBO, le sénateur républicain de Caroline du Sud, le trumpiste Lindsey Graham, a résumé malgré lui l'équilibre complexe du parti républicain après l'invasion historique du Capitole : «Donald Trump était mon ami avant les émeutes. Et j'essaie de garder un lien avec lui après. Je le considère toujours comme mon ami. Ce qui s'est passé était un jour sombre dans l'histoire des États-Unis et nous devons avancer. [...] Je pense que la meilleure stratégie pour le parti républicain est avec Trump, pas sans Trump. [...] Il pourrait faire du parti républicain ce qu'aucune personne autre ne pourrait faire. Il pourrait le faire grandir. Il pourrait le rendre plus fort. Il pourrait le rendre plus diversifié. Et il pourrait aussi le détruire.»Des mots fatalistes, montrant l'emprise de Donald Trump sur le parti, et qui font écho à ce tweet qu'il avait rédigé en mai 2016, lors des primaires républicaines avant l'élection présidentielle : «Si nous nommons Trump, nous serons détruits... et nous l'aurons mérité», avait-il écrit alors que le milliardaire divisait déjà le parti à coups d'attaques sur ses adversaires dénoncés comme traditionnels et appartenant au «marais» de Washington.

Comme en témoignent les nombreux élus et figures du parti républicain qui se sont succédés à Mar-a-Lago depuis le 20 janvier pour s'afficher auprès de Donald Trump, ce dernier garde un pouvoir majeur au sein d'un parti qui a perdu, au cours de son mandat, la Chambre des représentants, le Sénat et le Maison-Blanche.

Par paris match