Washington désigne la Chine comme son principal "test géopolitique"

 
WASHINGTON (Reuters) - Le président américain Joe Biden a distingué mercredi la "rivalité grandissante avec la Chine" comme un défi majeur auquel font face les Etats-Unis, alors que son chef de la diplomatie, Antony Blinken, a décrit le pays d'Asie comme "le plus important test géopolitique" de ce siècle.

L'administration américaine a détaillé sa réflexion dans un document de 24 pages présentant les priorités de sécurité nationale de Joe Biden, en parallèle au premier discours majeur de politique étrangère du secrétaire d'Etat Antony Blinken.

"Il s'agit du seul concurrent potentiellement capable de combiner pouvoirs économique, diplomatique, militaire et technologique pour constituer un défi prolongé à l'égard d'un système international stable et ouvert", est-il écrit à propos de la Chine dans le document de sécurité nationale.

Un éventail de questions opposent Washington et Pékin, qu'il s'agisse de l'influence dans la région Indo-Pacifique, des pratiques économiques chinoises, Hong Kong, Taiwan et les violations des droits de l'homme dans la région chinoise du Xinjiang.

L'administration Biden a indiqué par le passé qu'elle allait dans l'ensemble maintenir la ligne dure envers Pékin adoptée par l'administration de l'ancien président Donald Trump, mais en coordonnant son action avec les alliés des Etats-Unis.

"Notre relation avec la Chine sera compétitive quand elle devra l'être, collaborative lorsque cela sera possible, et antagoniste quand il le faudra", a déclaré Antony Blinken lors d'un événement au siège du département d'Etat.

Dialoguer avec Pékin en étant "en position de force", comme Washington cherche à le faire, "requiert de se battre pour nos valeurs quand les droits de l'homme sont violés dans le Xinjiang ou quand la démocratie est bafouée à Hong Kong, parce que si nous ne le faisons pas, la Chine agira avec encore davantage d'impunité", a ajouté le chef de la diplomatie.

S'il a cité l'Iran, le conflit au Yémen et la Birmanie comme des défis potentiels, Antony Blinken a seulement mentionné la Chine comme pays représentant à ses yeux une priorité, aux côtés de la lutte contre la pandémie de coronavirus, le changement climatique et la promotion de la démocratie à l'étranger.

Joe Biden veut marquer une rupture avec la politique de l'Amérique d'abord ("America First") de son prédécesseur Donald Trump, en renouant le dialogue avec les alliés et plaçant le multilatéralisme au coeur de sa diplomatie.

(Simon Lewis, Humeyra Pamuk, Daphne Psaledakis, Trevor Hunnicutt et Michael Martina; version française Jean Terzian)

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