Covid-19 : plus de risques de formes graves en cas d’insomnie et d’épuisement professionnel ?

  
Chaque heure supplémentaire de sommeil serait associée à une probabilité inférieure de 12% d'être infectée par le Covid-19.

Selon une étude, l'insomnie, des nuits perturbées et l'épuisement quotidien seraient liés à un risque accru d'être infecté par le Covid-19, mais aussi d'avoir une forme plus grave de la maladie et une période de récupération plus longue. Les conclusions ont été publiées dans la revue en ligne BMJ Nutrition Prevention & Santé.

Précisément, chaque augmentation d'une heure du temps passé à dormir la nuit était associée à une probabilité inférieure de 12% d'être infectée par le Covid-19. Un sommeil perturbé, des nuits insuffisantes et un épuisement professionnel ont été associés à un risque accru d'infections virales et bactériennes.

Mode de vie et somnifères

Pour approfondir une corrélation possible avec le Covid-19, les chercheurs se sont appuyés sur les réponses à une enquête en ligne réalisée auprès des professionnels de santé exposés au virus. Les répondants ont fourni des informations sur leur mode de vie, leur santé, l'utilisation de médicaments et de compléments alimentaires ainsi que sur leur sommeil. Au total, 2 884 agents de santé ont répondu aux questionnaires dont 568 étaient contaminés par le Covid-19.

Environ 1 malade sur 4 a signalé des difficultés à dormir la nuit, contre environ 1 sur 5 chez les personnes non infectées par le virus. De plus, 1 patient sur 20 a déclaré avoir trois problèmes de sommeil ou plus, y compris des difficultés à s'endormir ou un recours à des somnifères. Ceux qui avaient des problèmes de sommeil avaient 88% de risques d'être infectés par le Covid-19.

Épuisement professionnel

Proportionnellement plus de personnes malades ont signalé un épuisement quotidien. Ceux qui souffraient d’un épuisement professionnel étaient trois fois plus susceptibles de dire que leur infection était grave et qu'ils avaient besoin d'une période de récupération plus longue. Un bémol, les chercheurs reconnaissent une évaluation subjective des niveaux d'exposition, des problèmes de sommeil et de la gravité de l’infection.

"Le mécanisme sous-jacent à ces associations reste incertain, mais il a été émis l'hypothèse que le manque de sommeil et les troubles du sommeil peuvent avoir un effet néfaste sur le système immunitaire en augmentant les cytokines et histamines pro-inflammatoires", notent les chercheurs. Et ils soulignent des études liant l'épuisement professionnel à un risque accru de rhume et de grippe ainsi qu'à des pathologies comme le diabète, les maladies cardiovasculaires, les maladies musculo-squelettiques. Avant de conclure : "Nous avons constaté que le manque de sommeil la nuit, de graves problèmes de sommeil et un niveau élevé d'épuisement professionnel peuvent être des facteurs de risque de COVID-19 en première ligne. Nos résultats soulignent l'importance du bien-être des professionnels de la santé pendant la pandémie".

Johanna Amselem 

Par