États-Unis: Joe Biden revoit à la hausse les impôts sur les sociétés

  
Pour financer son ambitieux programme d’investissement dans les infrastructures, le président américain Joe Biden veut augmenter les impôts sur les entreprises. Au total, le président américain prévoit d’investir sur huit ans 2 000 milliards de dollars dans les infrastructures du pays avec l’objectif de créer des millions d’emplois.

Dans sa réforme fiscale Joe Biden veut augmenter l’impôt sur les sociétés de 21 à 28%. Soucieux de ne pas alourdir la fiscalité des ménages gagnant moins de 4 000 dollars par an, le président américain se tourne vers les entreprises, qui, selon lui, bénéficient d’un taux particulièrement avantageux. Il veut notamment mettre à contribution celles qui réalisent d’importants bénéfices à l’étranger.

En effet, la réforme fiscale prévoit d’augmenter la taxation minimale sur les profits que les grands groupes réalisent à l’étranger. Elle passerait de 10,5% à 21%. Les géants de la tech sont particulièrement visés. Ils seront tenus de régler au fisc la différence entre le taux payé à l’étranger et le taux minimal américain de 21%. Une atteinte directe à l’optimisation fiscale qui leur a permis d’abriter leurs profits dans des paradis fiscaux.

La plus forte hausse depuis 1968

Joe Biden qui compte beaucoup sur les entreprises pour financer une de ses mesures phares a tenté de rassurer les patrons. « Je n’ai rien contre les millionnaires et les milliardaires », a-t-il promis. Tout en plaidant pour un rééquilibrage fiscal, le président américain s’est indigné qu’un enseignant soit assujetti à un taux d’imposition de 22% quand « Amazon et d’autres ne paient aucun impôt fédéral ».

Le locataire de la Maison Blanche, qui s’apprête à détricoter la réforme fiscale de Donald Trump de 2017 qui avait permis de baisser la taxe aux entreprises de 35 à 21%, souligne que malgré cette hausse, le nouveau taux restera au plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale, à l’exception de la mandature Trump. Instaurée depuis 1909, la taxe sur les entreprises a grimpé à 52,80% en 1968 pour ensuite ne cesser de descendre.

Le souhait du président de revenir sur cinquante ans de baisse continue des impôts sur les entreprises provoque le mécontentement des patrons. Selon une étude du cabinet Strategas, cette hausse représenterait pour le Trésor 300 milliards de dollars de recettes supplémentaires, soit 1,3 point de PIB.

Ce serait la plus forte hausse d’impôt aux États-Unis depuis 1968. Mais dans les faits, les entreprises s’acquittent rarement d’un tel pourcentage. Selon une étude d’une commission du Congrès, elles étaient imposées à un taux de 16% avant la réforme de Donald Trump et de 8% ensuite. Grâce à différents outils fiscaux elles peuvent faire baisser leurs taux d’imposition.

Pour financer la dette Covid

Si la réforme fiscale de Joe Biden est votée par le Sénat, cela placerait toutefois les États-Unis parmi les États de l'OCDE avec le plus fort taux d'imposition après la France et la Colombie où il est de 32%, ou encore l'Australie, le Mexique et le Portugal avec une taxe à 30%, suivi de la Belgique et de l’Espagne à 25%, puis de l’Italie à 24% et de l’Allemagne à 16%. A contrario, les pays les plus attractifs fiscalement pour les sociétés sont la Suisse avec un taux de 8,5%, la Hongrie 9%, l’Irlande 12,5% la Lituanie 15 et le Luxembourg avec 18%.

Joe Biden n’est pas le seul à considérer que la taxe sur les entreprises doit servir à soutenir l’économie. La France, qui prévoit en 2021 d’augmenter le taux d’imposition des grandes entreprises de 26,5% à 27%, déclare par la voix de son ministre de l’Économie Bruno Le Maire affecter l’impôt sur les entreprises au remboursement de la dette Covid.

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