Etats-Unis : pourquoi l'épidémie de Covid-19 repart à la hausse malgré le succès de la campagne vaccinale

  
Derrière Israël et sa campagne de vaccination express, les Etats-Unis font figure de référence mondiale avec le Royaume-Uni. Joe Biden, qui avait promis d'administrer 100 millions de doses durant les 100 premiers jours de son mandat, a tenu parole avec presque six semaines d'avance. Au total, 36% des Américains ont reçu au moins une dose, et un Américain sur quatre est complètement vacciné. Les Etats-Unis se prennent à rêver d'un retour à la normale dans les prochains mois. Le nouveau président démocrate ambitionne par exemple de voir les Américains se rassembler "en petits groupes" pour célébrer la fête nationale du 4 juillet.

Le variant anglais devient majoritaire

Malgré ces bonnes nouvelles, le pays fait face depuis quelques jours à une augmentation du nombre de cas sur son territoire. Alors que les contaminations, qui avaient atteint un niveau record début janvier, ne cessaient de diminuer, elles se sont stabilisées à un niveau très élevé avant de repartir à la hausse fin mars. Ces derniers jours, le pays enregistre plus de 69.000 nouveaux cas en moyenne, une hausse de 11% en 14 jours, selon un décompte du New York Times. Dans le JDD, dimanche, Anthony Fauci, conseiller de Joe Biden sur le front de l'épidémie, expliquait même qu'il y avait actuellement "un combat entre le vaccin et le virus" aux Etats-Unis.

Si la détérioration de la situation reste encore modeste, elle inquiète les scientifiques américains, qui constatent que les variants, dont les Etats-Unis étaient épargnés depuis plusieurs mois, sont bien implantés désormais. La semaine dernière, la directrice des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), Rochelle Walensky, a indiqué que le variant anglais était désormais majoritaire. "Cela rend beaucoup plus difficile le contrôle de l'épidémie, car nous savons que le virus se propage de manière plus efficace de personne en personne, précise Anthony Fauci. Donc en ce moment nous avons une course contre la montre entre la vaccination et ce virus très contagieux, qui semble se répandre de façon encore plus efficace."

Pour l'heure, ce regain épidémique ne frappe pas le pays de façon homogène :

  • Certains Etats sont davantage touchés que d'autres. Les autorités sanitaires s'alarment notamment de la forte hausse du nombre de cas dans le Michigan. Dans une moindre mesure, les contaminations augmentent dans le quart Nord-Est du pays alors que la situation est plus maîtrisée dans l'Ouest.
  • Alors qu'une très large majorité des personnes âgées est désormais vaccinée, les nouveaux cas touchent "majoritairement les jeunes adultes", selon Rochelle Walensky. Certains pics concernent en effet les personnes de 18 à 24 ans, a-t-elle précisé, et "sont liés aux activités extrascolaires et sportives". Dans le Minnesota, le directeur du CDC local, Michael Osterholm, s'alarme de constater que les enfants sont eux aussi contaminés et facilitent la transmission du virus.

Fin des restrictions au Texas, fêtes en Floride

La situation pourrait devenir d'autant plus préoccupante que certains Etats ont relâché leurs mesures de restrictions depuis plusieurs semaines. Début mars, le Texas, deuxième Etat le plus peuplé du pays, a annoncé la fin du port du masque obligatoire et la réouverture totale des commerces. D'autres Etats lui ont emboîté le pas ou s'apprêtent à le faire. En Floride, où le port du masque n'a jamais été obligatoire et les restaurants et les plages ne sont restés fermés que trois mois, des milliers d'étudiants sont récemment venus faire la fête à l'occasion du Spring Break, les vacances de printemps, qui ont lieu depuis début mars, en fonction des universités.

Ces dernières semaines, l'administration Biden et les autorités sanitaires ont donc rappelé l'importance de maintenir les gestes barrières jusqu'à ce qu'une part suffisamment importante de la population soit immunisée. Pour l'heure, Anthony Fauci estime que le combat contre le virus peut-être gagné grâce au vaccin. Dimanche, il expliquait que "parce que nous vaccinons 3 à 4 millions de personnes par jour, nous espérons contrôler la situation dans des délais raisonnables".

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