La Russie interdit de territoire le patron du FBI et des ministres de Biden après les sanctions américaines

 La Russie interdit de territoire le patron du FBI et des ministres de Biden après les sanctions américaines 
Les relations entre les deux rivaux ne cessent de se dégrader sur fond de soupçons d’ingérence, d’espionnage et de cyberattaques lors de l’élection présidentielle américaine de 2020.

Enième coup de froid entre Moscou et Washington. Après l’annonce jeudi par les Etats-Unis de l’expulsion de dix diplomates russes et de nouvelles sanctions financières contre la Russie, cette dernière a répliqué ce vendredi 16 avril en expulsant à son tour des diplomates et en interdisant à de hauts responsables d’entrer sur son territoire.

Parmi les personnalités concernées, le ministre américain de la Justice Merrick Garland, de la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas, la conseillère en politique intérieure Susan Rice, le patron du FBI Christopher Wray et la directrice du renseignement Avril Haines.

Le ministère russe des Affaires étrangères a dit appliquer la même mesure au chef du bureau des prisons Michael Carvajal, à l’ancien conseiller de Donald Trump John Bolton et à l’ex-chef de la CIA Robert Woolsey. Selon le ministère, ces responsables ont « participé à la mise en œuvre de la ligne antirusse » suivie par la politique américaine.

Ingérences et cyberattaques

Il a décidé de rendre publics les noms des personnes déclarées non gratae, une liste d’ordinaire secrète, du fait du « caractère sans précédent » des tensions provoquées par Washington. Sergueï Lavrov a également annoncé que Moscou avait « recommandé » à l’ambassadeur des Etats-Unis, John Sullivan, de rentrer à Washington pour « y avoir des consultations approfondies et sérieuses ».

D’autres restrictions visent à rendre la vie plus compliquée aux représentations américaines en Russie, et à interdire sur son territoire des fondations et ONG américaines qui « s’ingèrent ouvertement » dans sa politique intérieure.

Ce nouvel échange de mesures punitives intervient à un moment où les relations entre les deux rivaux géopolitiques n’ont cessé de se dégrader sur fond d’accusations par les Etats-Unis d’ingérences notamment dans l’élection présidentielle américaine de 2020, d’espionnage et de cyberattaques.

L’ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov, avait quant à lui été rappelé à Moscou dès le 17 mars, pour « consultations », après que Joe Biden eut qualifié Vladimir Poutine de « tueur ». Selon lui, Moscou se réserve le droit de prendre d’autres « mesures douloureuses » visant les entreprises américaines, mais les « garde en réserve ».

« Le moment de la désescalade est venu »

Néanmoins, le Kremlin s’est montré plutôt satisfait des mots du président américain Joe Biden, qui estime que « le moment de la désescalade est venu » et a jugé nécessaire une rencontre bilatérale « cet été en Europe » pour « lancer un dialogue stratégique sur la stabilité ».

Le ministère russe des Affaires étrangères a aussi annoncé vendredi voir « de manière positive » l’idée américaine d’un sommet entre les présidents russe et américain. La proposition est « à l’étude actuellement » à Moscou.

Depuis son arrivée au pouvoir, Joe Biden promettait d’être nettement plus ferme que son prédécesseur Donald Trump, accusé de complaisance à l’égard du maître du Kremlin. Mais le président américain a également proposé en début de semaine à son homologue russe un sommet en terrain neutre, que la Finlande et l’Autriche sont prêtes à accueillir.

La Russie et les Etats-Unis ont vu leurs relations se dégrader considérablement depuis 2014 et l’annexion russe de la péninsule ukrainienne de Crimée. Même sous Donald Trump, qui ne cachait pas apprécier Vladimir Poutine, Washington a multiplié les sanctions.

Tensions autour de l’Ukraine

Ce ballet russo-américain intervient à l’heure de tensions russo-ukrainiennes croissantes, l’Ukraine reprochant à Moscou de chercher un casus belli pour l’envahir et la Russie affirmant que Kiev prépare une offensive contre les séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine.

Les Occidentaux ont appelé Moscou à réduire ses forces dans la zone et témoigné leur soutien à Kiev. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est à cet égard entretenu vendredi avec le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel.

Volodymyr Zelensky, qui était à Paris, a dit espérer une reprise de la trêve dans le conflit avec les séparatistes prorusses la semaine prochaine et appelé à l’organisation d’un sommet avec Vladimir Poutine, sous médiation franco-allemande.