Le président tchadien Idriss Déby est mort, annonce l'armée

Le président tchadien Idriss Déby Itno, le 11 avril 2021, à Ndjamena, salue ses partisans après avoir voté pour l'élection présidentielle. 
Tout juste réélu à la tête du Tchad, cet allié indéfectible de la France au Sahel dirigeait d'une main de fer

son pays depuis 30 ans.

Le président tchadien Idriss Déby Itno, est mort mardi des suites de blessures reçues alors qu'il commandait son armée dans des combats contre des rebelles dans le Nord durant le week-end. Âgé de 68 ans, et tout juste réélu sans surprise à la présidence, il était le tout-puissant chef d'État du Tchad depuis son coup d'État le 2 décembre 1990, qu'il avait fomenté avec l'aide de la France. Militaire dans l'âme, «IDI», qui ne rechignait jamais à enfiler son treillis, est mort sur le front, face aux rebelles qui depuis des années remettent en cause son pouvoir.

«Le président de la république, chef de l'État, chef suprême des armées, Idriss Déby Itno, vient de connaître son dernier souffle en défendant l'intégrité territoriale sur le champ de bataille. C'est avec une profonde amertume que nous annonçons au peuple tchadien le décès ce mardi 20 avril 2021 du maréchal du Tchad», a annoncé le porte-parole de l'armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué lu à l'antenne de TV Tchad.

Le principal soutien de la France au Sahel

Quasi-paria il y a une décennie, le président était l'un des principaux soutiens de la France au Sahel et au sein de l'opération Barkhane, grâce à cette armée considérée comme l'une des meilleures du continent. Le quartier général de l'opération militaire française était d'ailleurs installé N'Djamena.

Le maréchal président, qui fut l'un des premiers à alerter sur les graves conséquences qu'aurait la chute du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, était écouté sur tous les sujets sécuritaires. «Il en joue parfaitement, soulignait il y a quelques jours au Figaro  un ancien diplomate. Il a pu ainsi mettre un arrêt à toutes les critiques internationales sur son régime et même obtenir des prêts des grandes institutions internationales qui auraient été autrement refusés ou soumis à des conditions très strictes. Mais cela ne sert à rien pour calmer les divisions intérieures».