Après 100 jours de lune de miel avec Joe Biden, la Bourse se dirige-t-elle vers un Waterloo ?

 
Hausse des impôts, durcissement de la réglementation, bras de fer avec la Chine… La Bourse risque de rechuter du fait des annonces récentes de Joe Biden. Décryptage de notre chroniqueur Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet Asset Management.
 

La lune de miel entre Joe Biden et les marchés aura duré 100 jours. Le rythme des décrets présidentiels a battu tous les records. Un Niagara de plans généreux a noyé les investisseurs pessimistes et les optimistes ont porté le S&P 500 (baromètre des actions à Wall Street) jusqu’à de nouveaux records, avec une performance très supérieure à celle du début de mandat de Donald Trump. Joe Biden 1 – Donald Trump 0. Mais les marchés commencent à tanguer. Après 100 jours impériaux, les indices se dirigent-ils vers un Waterloo? Plusieurs éléments plaident en ce sens.

D’une part, la majorité bleue au Sénat est minimale. Une défection et le président devra revoir sa copie. Justement, Joe Manchin, sénateur de la Virginie de l’Ouest, commence à renâcler. Pas vraiment inattendu : l’emploi dans son État dépend du charbon, peu favorisé dans le nouveau plan d’infrastructures, c’est le moins que l’on puisse dire. Notons que Joe Manchin a voté en ligne avec la vision de Donald Trump une fois sur deux entre 2016 et 2020. Il est donc possible que les plans soient revus à la baisse.

provoquer un krach

Pictet AM

Et puis il faudra les financer, ces plans, en partie par… des hausses fiscales. Le taux marginal d’imposition sur les hauts revenus devrait remonter, ainsi que le taux d’imposition des entreprises. Enfin, l’impôt sur les plus-values sera augmenté, ce qui réduira l’attractivité d’un investissement en actions. Les investisseurs ne vont pas apprécier.

Thème démocrate par excellence, la réglementation est appelée à se renforcer. Au début de l’année, Amy Kobluchar a présenté au Sénat une proposition pour doper l’Antitrust. Cette administration a subi des coupes budgétaires répétées depuis 2010, et les Démocrates souhaitent inverser la tendance.

Enfin, la confrontation avec la Chine va de nouveau faire les gros titres. Après un premier round focalisé sur les affaires domestiques, Joe Biden va naturellement prendre un rôle plus international. Sa rhétorique va se durcir, et ce d’autant que les accords de Phase 1 ne sont à ce jour pas respectés par la Chine.

Par Capital.fr