De manière générale, les entreprises de haute technologie ont particulièrement su tirer leur épingle du jeu, mais, dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19, les firmes pharmaceutiques, celles du commerce en ligne et de l'alimentation, ont elles aussi connu des percées spectaculaires.

Après avoir passé en revue les dix principales économies émergentes et les dix principales économies développées, le Financial Times note par ailleurs que cette tendance haussière se retrouve dans la plupart de ces pays, dont la France. Dans un pays qualifié «traditionnellement de gauche» par le journal britannique, la richesse des milliardaires représentait ainsi en 2020 17% du PIB, contre 11% avant la pandémie.

Toujours selon le Financial Times, la pandémie n'a fait qu'accélérer de nombreuses tendances économiques et sociales déjà en cours. En d'autres termes, le nombre de milliardaires aurait continué d'augmenter sans la pandémie, mais à un rythme moins soutenu.

Un boom qui pourrait entraîner des réactions hostiles

Mais ce boom, prévient encore le journal, intensifie du même coup la menace d'une réaction violente des populations contre ces ultra-riches.

Dans les pays développés, les revendications se concentrent encore presque exclusivement sur la nécessité de récupérer de la richesse par la fiscalité. Pourtant, l'argent généré par la «planche à billets» des banques centrales favorise lui aussi cette montée du nombre de milliardaires.

Il est par conséquent fort probable que les inégalités de richesse continueront d'augmenter tant que les robinets monétaires resteront grands ouverts, quand bien même cet argent serve de l'autre côté à financer des programmes sociaux.

La relative tolérance des populations envers les entrepreneurs qui sont partis de zéro pour constituer leur richesse dans des industries productives pourrait être revue à la baisse si les politiques monétaires deviennent trop favorables aux grandes fortunes.