Fin du télétravail obligatoire: tout un défi qui attend les entreprises

 Fin du télétravail obligatoire: tout un défi qui attend les entreprises 
Avec le déconfinement qui approche à grands pas, le télétravail deviendra facultatif. Si cette nouvelle étape en réjouit plusieurs, d’autres ont apprécié le travail à distance et craignent le retour à la «vie normale», faisant monter le niveau de stress.

«Vingt-cinq pour cent des employés ont le pied sur le bord de la porte prêt à aller travailler au bureau et un autre 25 % qui espère être capable de rester à la maison cinq jours semaine. On va avoir toutes ces différences-là, et les milieux de travail vont devoir composer avec cela au retour», a expliqué Sonia Lupien, chercheuse en neuroscience à l’Université de Montréal, à LCN, mercredi.

Pourtant, la solution pour un retour «en présentiel» réussi n’est pas simple.

Le choix de laisser les employés qui le veulent en télétravail pourrait créer un sentiment d’iniquité et donner l’impression à ces employés d’être exclus des décisions importantes.

«Il va falloir que les employeurs y pensent pas mal plus», a indiqué Mme Lupien.

Elle juge néanmoins que ce qui pourrait apaiser les employés, c’est l’impression de contrôler quelque chose dans cette nouvelle perturbation.

«Je dis toujours que si j’avais une compagnie je ferais un sondage pour voir ce que les gens aimeraient. Au moins, avoir quelque chose à dire là-dessus», a dit Mme Lupien.

Par ailleurs, le retour massif d’employés dans les bureaux signifie aussi le retour dans un environnement de travail plus bruyant, alors que les employés étaient habitués à travailler dans le calme, à la maison ou dans des bureaux vides.

Comment gérer cet environnement de travail après 14 mois de travail «dans le calme»? Sonia Lupien évoque la possibilité du retour des espaces de bureaux cloisonnés.

«C’est peut-être la fin des espaces à bureaux à aire ouverte! Cette nouvelle mode qui faisait que nous étions tous une communauté. Moi je disais toujours que cet aménagement a coûté 20 % de performance! [...] De retour à temps plein dans un milieu où ça bourdonne tout le temps, certains vont trouver cela difficile», a-t-elle évoqué.

Sonia Lupien croit que le déconfinement des milieux de travail ne pourra pas se faire aussi rapidement qu’on le souhaiterait et que des adaptations devront être mises en place graduellement, après plus de 14 mois de pandémie.

Par Le Journal de Montréal