Un ancien poème chinois fait chuter le cours du géant de la vente en ligne Meituan

 Le logo du géant chinois de la vente en ligne Meituan le 30 avril 2021 à Pékin (image d'illustration). 
Sale temps pour les grands patrons de l'industrie technologique en Chine. Après la mise au pas du fondateur d'Ali Baba, Jack Ma, c'est peut-être le tour du patron de Meituan, un autre géant de la vente en ligne. Dans le collimateur des autorités sous prétexte de lutte contre les monopoles, le groupe a vu son titre s'effondrer en bourse. L'élément déclencheur de cette dégringolade est un poème ancien que le dirigeant de Meituan a mis en ligne et qui ressemble à une critique du pouvoir.  

« La dynastie Qîn est fichue, les bambous et les tissus brûlent ». Ce poème, satyre du pouvoir, datant de la dynastie Tang a sans doute aggravé le cas du patron de Meituan. En le postant sur le réseau social Fanfou le week-end dernier, Wang Xing a prêté le flanc aux critiques.

Même si le patron l'a retiré ensuite et s'est fendu d'un rectificatif, les investisseurs, anticipant les sanctions à venir ont retiré leurs billes. Le titre s'est ainsi effondré de 12% en une semaine.

Mais le terrain était déjà miné. Voilà des mois que les autorités, à travers les organes de régulation, ont renforcé leur campagne visant à mettre aux pas les grands groupes du numérique, afin qu'ils se conforment aux directives sur le respect de la concurrence.

En avril, les principales entreprises du secteur, dont Meituan, Ant Group la maison mère d'Ali Baba ou encore Baidu et Tencent ont été convoqués et invités à corriger leur comportement potentiellement monopolistique.

Un pretexte, selon les analystes du système politique chinois, pour limiter l'influence de ces entreprises du numérique sur la société. Jack Ma, le fondateur d'Ali Baba, en a déjà fait les frais en octobre dernier. Après une prise de parole critique, les gendarmes de la concurrence lui avait infligé une amende record. Meituan peut redouter un sort similaire.

Par RFI