Kenya, Namibie, Afrique du Sud… Le coronavirus explose dans plusieurs pays africains

  
Le responsable des situations d’urgence à l’OMS, le docteur Michael Ryan, alertait vendredi dernier sur une trajectoire des cas de Covid-19 «très, très inquiétante» sur le continent africain. Une situation notamment due à la diffusion de variants plus contagieux et un taux de vaccination dangereusement bas.

Ce mercredi 23 juin, l’Afrique déplorait 138.580 décès, pour 5.253.018 cas, depuis le début de la pandémie. Ce nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu'une fraction du nombre réel de contaminations, les politiques de tests et les capacités de dépistage différant d'un pays à l'autre.

L'Afrique, qui se trouve sous la menace d'une troisième vague imminente, est la seule région du monde où la pandémie progresse alors que la pandémie décélère globalement à l’échelle mondiale.

Près de sept des nouveaux cas sur dix ont été enregistrés dans cinq pays de la région : en Égypte, en Afrique du Sud - entrée dans une troisième vague selon l'Institut national des maladies transmissibles (NICD) -, en Tunisie, en Ouganda et en Zambie.

La Zambie est le pays où l'épidémie accélère le plus (+147%, 1.200 nouveaux cas par jour) actuellement dans le monde, parmi les pays ayant enregistré au moins 1.000 contaminations quotidiennes au cours de la semaine écoulée. Elle est suivie, à l'échelle du continent par l'Afrique du Sud (+37%, 5960 nouveaux cas par jour), pays d'Afrique le plus touché en nombre total de contaminations détectées.

le difficile déploiement de la vaccination

Cette situation dans la région peut notamment s'expliquer par le difficile déploiement de la vaccination sur le continent africain : seulement 2,87 doses pour 100 habitants ont été administrées en Afrique, le taux le moins élevé, alors que ce chiffre atteint 29,56 doses pour 100 habitants à l’échelle mondiale.

L'Afrique reste toutefois, après l'Océanie, le continent le moins touché par la pandémie de nouveau coronavirus, en nombre de cas comme en nombre de décès.

Le docteur Ryan a souligné que vu dans son ensemble le continent ne semblait pas si mal loti, ne comptant que pour un peu plus de 5% des nouveaux cas enregistrés dans le monde la semaine dernière et pour 2,2% des décès.

Mais dans certains pays les infections ont doublé et elles s'affichent en hausse de plus de 50% dans d'autres. L'Afrique avait jusque-là été frappée moins durement par la pandémie que d'autres régions mais cela ne veut pas dire que cela restera le cas.

«Il est totalement prématuré de penser que la prochaine vague en Afrique sera juste une courte pluie et pas une tempête», a dit le médecin. Et d'ajouter: «Je pense qu'il nous faut prendre ce qui se passe en Afrique très, très au sérieux».

Un déficit de logistique dans les hôpitaux 

Le Kenya, qui s’apprête à subir sa quatrième vague de l’épidémie de coronavirus, s’inquiète d’une logistique compliquée dans les hôpitaux.

Le problème est le même en Ouganda. «Nous n'avons pas la quantité d'oxygène nécessaire actuellement pour les patients qui continuent à arriver, pour l'instant nous en avons pour 200 patients, si le nombre continue à augmenter, nous n'aurons plus l'oxygène pour répondre à la demande de notre capacité qui est de 900 lits», a expliqué le docteur Byarugaba Baterana, directeur de l’hôpital Mulago, dans des propos rapportés par AfricaNews.

Ce mercredi, la France a ajouté la Namibie sur sa «liste rouge» des pays dont les voyageurs doivent observer une quarantaine obligatoire à leur arrivée sur le territoire national. L’Afrique du Sud est sur cette liste depuis le 24 avril.

De son côté, l'OMS a exhorté les pays les plus riches à partager les vaccins, une question «de vie ou de mort», a alerté le docteur Matshidiso Moeti, directrice de l'OMS pour l'Afrique. Les pays du G7 vont s'engager à distribuer aux pays pauvres un milliard de doses de vaccins anti-Covid dans le cadre du dispositif Covax.

Par CNEWS