Sociétés publiques : les pistes du FMI pour doper les Conseils d’administration au Cameroun

 Sociétés publiques : les pistes du FMI pour doper les Conseils d’administration au Cameroun 
Dans son récent rapport intitulé « Cameroun : Renforcer la surveillance, la gouvernance et la maîtrise des risques budgétaires dans la gestion des entreprises publiques », le Fonds monétaire international (FMI) conseille au gouvernement camerounais de réduire et professionnaliser les administrateurs dans les sociétés publiques à l’horizon 2022.

« En complément du cahier des charges des représentants du Minfi [ministère des Finances] au sein des organes sociaux des entreprises publiques existant, la création en cours d’un registre des administrateurs et de formations spécialisées permettra de renforcer et professionnaliser le rôle des administrateurs en tant que relais des tutelles. Parallèlement, le suivi et la professionnalisation du vivier d’administrateurs pourraient permettre de resserrer la représentation de l’État dans le Conseil d’administration (CA). La présence de la DGB [direction générale du Budget] dans les CA pourrait également être limitée aux entreprises publiques pesant d’un poids significatif dans la dépense ou la recette publique, et pourvoyeuses potentiellement de gros dividendes », indique le rapport.

Le même document ajoute : « Cette réduction du nombre des administrateurs offrirait l’opportunité d’ouvrir les CA à des membres extérieurs, par exemple des personnalités qualifiées spécialisées dans le secteur de l’entreprise publique concernée. Cette diversification des CA devrait aussi se réaliser en tenant compte de critères de parité entre les femmes et les hommes. (Échéance : 2022) ».

À en croire le FMI, la professionnalisation des représentants de l’État dans les CA et la diversification de la composition des CA restent à poursuivre. Car, faute de structure transversale chargée du suivi de la politique de l’État actionnaire, il n’existe actuellement pas de dispositif pour garantir que les représentants de l’État dans les CA disposent de l’expertise requise tant en termes de gestion publique, de comptabilité et d’analyse financière des entreprises publiques et privées, et soient correctement informés et formés aux responsabilités qui leur sont confiées ainsi qu’à leurs droits et devoirs.

Aussi, indique le FMI, les liens entre les représentants de l’État dans les CA et la tutelle sont à clarifier. Car, bien que les textes d’application de la loi de 2017 exposent relativement clairement le rôle des représentants de l’État dans les CA, l’effectivité de leur action apparaît variable, selon les tutelles et en l’absence de critères objectifs de sélection des administrateurs par leurs compétences. En outre, l’absence de règles sur le cumul des fonctions, pouvant par exemple conduire un ministre à être Président du CA d’une entreprise publique dont il exerce la tutelle, crée par ailleurs une confusion des rôles préjudiciable au principe de non-ingérence de la tutelle.

S.A.

Source: Investir au Cameroun