Sri Lanka : un cargo sombre dans l'océan et provoque un désastre écologique

 De la fumée s'échappe du navire incendié MV X-Press Pearl, au large du port de Colombo, au Sri Lanka, le 30 mai 2021. 
Malgré les efforts fournis ces derniers jours, le porte-conteneurs MV X-Press Pearl, ravagé par un incendie, était en train de sombrer, mercredi, au large du Sri Lanka. Le navire en perdition, qui contient des tonnes de pétrole, est en train de provoquer la pire catastrophe écologique de l'histoire du pays.   

Un désastre écologique est en train de se produire au large des côtes du Sri Lanka. Le porte-conteneurs MV X-Press Pearl, ravagé par un incendie pendant treize jours au large de Colombo, sombrait, mercredi 2 juin, avec plusieurs centaines de tonnes de pétrole dans ses réservoirs.

"Le navire court le risque imminent de sombrer", a déclaré le porte-parole Indika de Silva, quelques heures après le début du remorquage du navire MV X-Press Pearl, immatriculé à Singapour, par la société néerlandaise Smit, afin de l'éloigner des côtes de Colombo. 

Un photographe de l'AFP à Sarakkuwa, juste au nord du port de Colombo, a indiqué que la poupe du navire était sous l'eau. "La poupe du navire est sous l'eau, le niveau d'eau est au-dessus du pont", a confirmé Indika de Silva, le navire est en train de sombrer".

"Lors des opérations de lutte contre l'incendie, énormément d'eau a inondé les ponts. Une grande partie de cette eau s'est écoulée à l'arrière", avait expliqué un peu plus tôt le responsable à l'AFP.

Du pétrole près de plages touristiques 

Une nappe de pétrole a été observée à proximité des plages de Negombo, haut lieu du tourisme de l'île, à environ 40 kilomètres de Colombo, tandis que l'eau de mer recouvrait la poupe du navire.

Le feu s'est déclaré à bord du navire sur le point d'entrer dans le port de Colombo, le 20 mai, et n'a été éteint que mardi après 13 jours d'efforts internationaux, avec l'aide de garde-côtes indiens et de Smit.

La Marine du Sri Lanka a aidé un peu plus tôt, mercredi, les experts de Smit à monter à bord du navire en perdition pour entamer une opération de remorquage, après plusieurs tentatives avortées pendant la nuit en raison du mauvais temps. 

"Le navire sera remorqué aussi loin que possible de la côte avant qu'il ne sombre complètement", a précisé le porte-parole. Le président sri-lankais Gotabaya Rajapaksa avait ordonné son déplacement pour réduire les risques de pollution pour les côtes de l'île. 

"La société de sauvetage  (Smit) impliquée dans l'opération #XPressPearl a indiqué que le navire coulait à l'endroit où il se trouve actuellement", a tweeté le ministre de la Pêche, Kanchana Wijesekera. 

La plus grave catastrophe écologique du Sri Lanka

Des tonnes de petits granulés de plastique, provenant de la cargaison du MV X-Press Pearl, ont déjà recouvert 80 kilomètres du littoral de l'ouest de l'île, soit la plus grave catastrophe écologique de son histoire. 

Une marée noire ne ferait qu'aggraver la situation, car le navire transporte 278 tonnes de fioul en soute et 50 tonnes de gazole dans ses réservoirs. 

Selon la Marine, un navire des garde-côtes indiens sur zone est doté des équipements nécessaire pour traiter toute fuite de pétrole. 

Les autorités, qui avaient prévu de pomper l'eau contaminée du navire avec une opération censée durer trois jours, se sont résolues à l'abandonner par manque de temps.

Les dommages écologiques sont en cours d'évaluation, selon la présidente de l'Autorité de protection de l'environnement marin, Dharshani Lahandapura. Elle a affirmé que c'était les pires qu'elle ait observés dans ce pays abritant l'une des plus riches biodiversités d'Asie du Sud. 

Le président Rajapaksa a demandé à l'Australie d'aider à cette évaluation. Le Sri Lanka a ouvert une enquête criminelle sur l'incendie et la pollution. Les autorités pensent que le feu a été provoqué par une fuite d'acide nitrique remarquée par l'équipage dès le 11 mai, bien avant que le navire n'entre dans les eaux sri-lankaises. Il devait ensuite faire route vers la Malaisie et Singapour.

Par France 24 Avec AFP