L'épouse du président a été blessée dans l'attaque et hospitalisée, a précisé M. Joseph. 

«Vers une heure du matin, dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 juillet 2021, un groupe d'individus non identifiés, dont certains parlaient en espagnol, ont attaqué la résidence privée du président de la République et ainsi blessé mortellement le chef de l'État», a-t-il annoncé dans un communiqué.

«Condamnant cet acte odieux, inhumain et barbare», le Premier ministre appelle «la population au calme» et assure que «la situation sécuritaire du pays» est «sous contrôle».

Un pays rongé par l'insécurité

La situation sécuritaire à Haïti était des plus incertaines ces derniers mois alors que le pays était entré depuis février dans une crise institutionnelle. Ainsi, Jovenel Moïse n’avait pas accepté de quitter le pouvoir le 7 février dernier, assurant que son mandat prenait fin en 2022. Dans ce contexte, il avait annoncé la nécessité d’écrire une nouvelle Constitution.

Un référendum sur le sujet, largement rejeté par l’opposition, était prévu le 26 septembre prochain après avoir été reporté à plusieurs reprises en raison de la crise du coronavirus. En réaction, le Conseil de sécurité de l'ONU appelait à l'organisation d'élections législatives et présidentielles libres et transparentes avant la fin de l'année. À la veille de sa mort, Jovenel Moïse annonçait la nomination d'Ariel Henry au poste de Premier ministre, en lui confiant la mission d'organiser «des élections générales» ainsi que le référendum. 

Ce contexte de crise dans le pays le plus pauvre du continent américain a entraîné la prolifération des bandes armées et des gangs ont commencé à prendre le pouvoir dans plusieurs zones. Les enlèvements, principale source de financement de ces organisations, se sont largement multipliés ces derniers mois. D’après un rapport du Bureau intégré des Nations unies en Haïti, ils ont augmenté de 200% entre janvier et mai 2020. 

Par CNEWS avec AFP