Affaire de l’avion présidentiel: la justice malienne veut un procès

Un Boeing 737, même modèle que celui acheté par la présidence malienne. (Illustration) 
Au Mali, l’affaire de l’avion présidentiel et des contrats d’équipements militaires, classée sans suite en

2018, est relancée. Ministres, conseillers du président et hommes d’affaires avaient été mis en cause.  

« Des enquêtes complémentaires ont été menées, et les ministres qui devaient être entendus » l’ont été, a affirmé sur les ondes de l’ORTM, la télévision d’État, le procureur général de la Cour suprême, Mamadou Timbo.

Des ministres, conseillers du président et des hommes d’affaires avaient été mis en cause, parmi lesquels Soumeylou Boubeye Maïga, alors ministre de la Défense, dans cette affaire datant de 2014. Sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Keita, l’achat d’un avion présidentiel à près de 20 milliards de FCFA et des contrats – de plusieurs dizaines de milliards de FCFA- passés par le gouvernement pour la fourniture d’équipements militaires, avaient défrayé la chronique.

À l’époque, des rapports de la Cour des comptes et du vérificateur général avaient épinglé des surfacturations et de nombreuses anomalies. Classée sans suite en 2018, l’affaire est donc de nouveau entre les mains des juges.

« Ils veulent faire tomber d’anciens ministres »

Le procureur général de la Cour suprême a également expliqué que la Haute Cour de justice, censée juger le président ou les membres du gouvernement, n’est actuellement pas fonctionnelle du fait de la période de transition. C’est donc devant la cour d’assises que l’affaire devra être jugée.

Cela pour être sûr que les faits ne soient pas un jour prescrits car « rien n’est plus dangereux pour la bonne santé d’une République que l’impunité », selon le procureur général. Une réponse directe, même s’il n’est pas nommé, à Soumeylou Boubeye Maïga, cité dans le dossier en tant que ministre de la Défense de l’époque. Récemment, dans les médias, celui qui fut aussi Premier ministre rappelait le classement sans suite en 2018.

Mais l’affaire a été relancée en mars 2020 sur instruction du ministre de la Justice de l’époque Malick Coulibaly. Depuis, certaines personnalités ont été blanchies, c’est le cas de l’ancien ministre et conseiller d’IBK, Mamadou Camara. Mais la procédure judiciaire est donc, selon le procureur général de la Cour suprême, loin d’être bouclée.

« Ils font de la politique », commente un proche de Soumeylou Boubeye Maïga, qui juge que « les autorités de transition tombent dans le populisme ». « Ils ne se préoccupent pas de Justice, ils veulent faire tomber d’anciens ministres pour flatter l’opinion », dénonce-t-il avant d’ajouter : « Ils essaient de se débarrasser des candidats potentiels à la présidentielle. »

David Baché  

Par RFI