Afghanistan : retour à la case taliban

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L’Afghanistan se trouve, ce lundi, entre les mains des talibans, après l’effondrement des forces gouvernementales et la fuite à l’étranger du président, Ashraf Ghani. Hier, les talibans ont célébré leur triomphe en investissant le palais présidentiel à Kaboul. Alors qu'ils s’installent progressivement dans la capitale afghane, les autorités occidentales se mobilisent pour évacuer leurs ressortissants et leurs diplomates. Emmanuel Macron doit d'ailleurs évoquer la situation ce soir, lors d'une allocution prévue à 20 heures. Mais de nombreux Afghans tentent également de fuir. Des milliers d’entre eux se sont précipité désespérément sur le tarmac de l’aéroport de Kaboul, seule porte de sortie du pays, pour tenter de fuir le nouveau régime que le mouvement islamiste radical promet de mettre en place. Une marée humaine. Des scènes de panique. Un chaos total.
En une poignée de jours, le mouvement islamiste a réussi à reconquérir le pays. Cette avancée à un rythme effréné est intervenue dans le contexte de départ des dernières troupes américaines, deux décennies après leur arrivée.
Car l'éclatement d'un conflit ouvert et armé est loin d'être une nouvelle donne en Afghanistan. Depuis le coup d’état de juillet 1973, qui mit fin à la monarchie, le pays est plongé dans une profonde instabilité. Cinq ans après sa fondation, la jeune république est renversée par une révolution communiste en 1978. L’Afghanistan est ensuite marqué par dix ans de guerre face à l’invasion et l’occupation soviétique de son territoire (1979 – 1989), puis par quatre années et demie de guerre civile (1992 – 1996). A l’issue cette dernière, les talibans prennent une première fois le contrôle de Kaboul et du pays. Ce sont les attentats du 11 septembre 2001 qui changent à nouveau la donne. Peu après ceux-ci, l'administration américaine cible les talibans, accusés de protéger et de cacher en Afghanistan les leaders d'Al-Qaïda, responsables des attentats. Face au refus de livrer ces terroristes, le président américain décide d'envahir le pays et renverse le régime à l’automne. Mais la guerre des Américains et de leurs alliés occidentaux face aux groupes armés islamistes se poursuit de longues années. Le 31 décembre 2014, l'OTAN met alors fin à son engagement en Afghanistan après treize ans de guerre et passe le relais à l'armée nationale afghane. A la suite du retrait des dernières troupes américaines, annoncé en 2021 par Joe Biden, les talibans ont donc à nouveau repris le contrôle du pays.
Face à cette avancée des talibans en Afghanistan, une partie de la population fuit donc le pays. Des milliers de candidats à l'exil sont ainsi lancés sur les routes de l'Europe. Un long voyage qui les fait passer par la Turquie. L’arrivée de plusieurs centaines d’entre eux à la frontière avec l’Iran a provoqué des inquiétudes dans le pays. Ankara, qui accueille déjà sur son sol plus de 3,5 millions de réfugiés syriens, fait construire un mur de béton sur des centaines de kilomètres le long de sa frontière avec l’Iran pour prévenir ce qui pourrait se transformer en une nouvelle vague migratoire. De son côté, Le gouvernement canadien s'est dit prêt à accueillir 20000 réfugiés afghans dans le cadre d'un nouveau programme d'immigration.