"Dialogue national inclusif" au Tchad: un opposant exige des garanties sécuritaires

 "Dialogue national inclusif" au Tchad: un opposant exige des garanties sécuritaires
Un leader de l'opposition tchadienne appelle la communauté internationale à faire office d'arbitre lors du "dialogue national inclusif" prévu aux mois de novembre et décembre prochains.

"Il faut nécessairement que ce dialogue soit parrainé et supervisé par la communauté internationale", a indiqué Laoukein Kouraya Médar, président de la CTPD, expliquant que sa demande est motivée par un besoin de garantie sur le plan de la sécurité des participants.

"Nous connaissons ce pays. Vous allez parler sans un arbitre et sans un témoin, vous allez dire la vérité qui a tant souffert et peut-être qu’on va vous enlever la nuit sans que personne ne soit au courant", a-t-il expliqué.

L'opposant Laoukein Kourayo Médard, président de la CTPD, à N'Djamena, 23 décembre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)
L'opposant Laoukein Kourayo Médard, président de la CTPD, à N'Djamena, 23 décembre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Sa déclaration intervient après que le président du Conseil militaire de transition (CMT), le général Mahamat Idriss Déby, a instruit le gouvernement tchadien de transition à organiser un dialogue national ouvert à tous, y compris aux mouvements politico-militaires.

"Ce dialogue national inclusif sera ouvert de manière spécifique aux mouvements politico-militaires compte tenu de la particularité de la problématique inhérente à cette préoccupation", a précisé le chef de l'État.

Un comité sera mis en place pour définir les modalités pratiques de leur participation à ce rendez-vous important, a précisé le général Mahamat Idriss Deby.

Le général Déby, 37 ans, avait pris les rênes de l'État après la mort au combat de son père, le maréchal Idriss Déby Itno, en avril. Il s’exprimait lors de son adresse à la nation à l’occasion de la célébration du 61e anniversaire de l’accession du Tchad à l’indépendance.

Dans son discours, le général Déby a invité l'ensemble de la classe politique, la société civile et toutes les composantes sociales à une mobilisation patriotique à la dimension de cet évènement.

"Dans ce vaste chantier de portée nationale, la contribution de toutes les filles et fils du pays est attendue, car aucune compétence n’est de trop quand il s’agit de poser les balises de la refondation de la nation", a-t-il lancé.

Un appel bien accueilli par l'opposition.

Pour l’opposant Brice Mbaimong Guedmbaye, président du Mouvement des patriotes tchadiens pour la république (MPTR), le dialogue national est une revendication de tout le peuple tchadien depuis plus d’une dizaine d'années à travers les leaders politiques et de la société civile pour se parler franchement. Et donc si aujourd’hui le CMT parle du caractère inclusif de ce dialogue, "c’est un message à saluer", dit-il.

Par VOA Afrique