Il était ministre en Afghanistan, il est devenu livreur à vélo en Allemagne

  
On l’appelait Monsieur le ministre il y a encore 4 ans d’ici. On l’appelle aujourd’hui… via une application de commande de nourriture à domicile. Sayed Sadaat a échangé son costume de ministre des communications en Afghanistan pour enfiler, casque, costume orange et sac à dos en forme de cube devenu emblème des livreurs à vélo. Il arpente ainsi sa nouvelle terre d’accueil : la ville de Leipzig en Allemagne.

Si ses proches le critiquent pour cette nouvelle casquette (ou plutôt nouveau casque), l’homme de 49 ans n’en démord pas : un job, c’est un job. "Je n’ai pas à me sentir coupable, s’exprime-t-il au micro de l’agence Reuters. J’espère que d’autres politiques marcheront sur mes pas (ou plutôt rouleront sur ses traces) en travaillant avec les gens plutôt que de se cacher."

Un job, c’est un job

Diplômé en IT et télécoms, Sayed Sadaat espère tout de même trouver un avenir dans ce secteur. Pour lui faciliter la tâche, il faudrait que son diplôme soit reconnu, ce qui n’est pas toujours une mince affaire en Europe. Mais aussi qu’il parle allemand. Et en attendant de maîtriser la langue de Goethe, ce métier était tout trouvé. Il suit ainsi quatre heures de cours dans une école de langue tous les jours avant de livrer des repas pendant six heures.

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Avec quelques notions d’Allemand, Sayed Sadaat peut livrer les repas à domicile. Il espère pouvoir maîtriser suffisamment la langue de Goethe pour exercer un métier pour lequel il est qualifié dans quelques mois. © Reuters

"Je suis fier de ce job. J’aurais pu devenir un ministre corrompu. J’aurais pu gagner des millions de dollars et acheter des immeubles, des hôtels ici ou à Dubaï et je n’aurais pas eu besoin de travailler. Mais je suis fier que mon âme soit heureuse et je n’ai aucune raison de me sentir coupable", a déclaré Sadaat, qui possède également la citoyenneté britannique.

Je suis fier de ce job

Son histoire a fait le tour des médias avec le chaos qui règne en Afghanistan après la prise de pouvoir par les Talibans. De plus en plus d’Afghans quittent en effet le pays après l’annonce de retrait des Américains. Depuis le début de l’année, le nombre de demandeurs d’asile afghans a augmenté de 130% chez nos voisins germaniques.

Source: rtbf.be