Le Mexique porte plainte contre les fabricants d’armes américains

  
C’est une première. Le gouvernement mexicain a intenté mercredi dernier une action en justice contre les lobbys d’armes à feu américains. Le pays accuse les fabricants d’encourager la violence des narcotraficants mexicains.

Le ministre des Affaires étrangères Marcelo Ebrard a dénoncé «un commerce illicite sur le territoire mexicain qui cause des «dommages directs» au pays, après avoir annoncé que la plainte avait été déposée devant le tribunal fédéral de Boston (Massachusetts) dans le nord-est des Etats-Unis.

Pas moins de dix sociétés d’armes à feu sont donc poursuivies par le Mexique, dont les importantes Beretta, Smith&Wesson, Glock, Colt, Century Arms et Ruger et Barrett. Ces dernières confectionnent plus de 68% des plus d’un demi-million d’armes introduites illégalement sur le sol mexicain tous les ans, comme il est précisé sur la plainte.

D’après les chiffres officiels, la guerre des cartels au Mexique a fait plus de 275.000 morts depuis 2006 et plus de 85.000 personnes disparues, comme l’avait annoncé le 7 avril dernier, le secrétaire adjoint aux droits de l’homme Alejandro Encinas. Un chiffre que souhaite faire diminuer le président du Mexique, Andrés Manuel Lopez Obrador, qui a donné son aval concernant la plainte déposée.

Une démarche symbolique

Si Marcelo Ebrard s’est dit «confiant dans la qualité juridique» de ce que le gouvernement présente, et assure «qu’ils gagneront ce procès et réussiront à réduire de manière drastique le trafic illicite d’armes», l’historien et analyste Lorenzo Meyer, semble plus sceptique.

En effet, il estime qu’il y a peu d’espoir que la plainte se solde par un succès. «Une armée d’avocats va se dresser contre nous durant le procès», avance-t-il auprès de l’AFP. En revanche, il y voit «un acte symbolique, un élément destiné à mettre une pression» sur les fabricants d’armes à feu et l’administration américaine.

Par Meghann Rakotomalala, avec AFP