Le nouveau président iranien Ebrahim Raïssi, ou la « banalité du mal »

 Le nouveau président iranien Ebrahim Raïssi, ou la "banalité du mal" 
Le nouveau président de la République islamique, qui prête serment ce jeudi, est un ultraconservateur qu’Amnesty International veut juger pour crime contre l’humanité. Mais c’est avec lui qu’il faudra négocier la reprise d’un accord sur le nucléaire.

Cet article a été initialement publié le 3 juillet 2021. Nous le republions à l’occasion de la prestation de serment d’Ebrahim Raïssi devant le Parlement iranien, ce jeudi 5 août.

Barbe, lunettes et turban noir, Ebrahim Raïssi vient d’être élu à la présidence de la République d’Iran avec 62 % des voix, malgré son manque absolu de charisme, sa démarche incertaine et son verbe hésitant qui le fait trébucher sur les mots. D’ordinaire une partition complexe se joue entre le président et le personnage le plus puissant du pays, le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Mais pas cette fois.

Car Raïssi est l’homme du Guide. Mieux, l’homme de ses basses œuvres, accusé d’être l’un des grands criminels de l’histoire. Cette accusation, ce n’est pas une ONG américaine qui la formule. Non, elle est venue du cœur du système iranien, de l’ayatollah Ali Montazeri, qui fut un temps le successeur désigné de l’imam Khomeini, le fondateur de la République islamique d’Iran.

« Exécutant zélé des fatwas et basses œuvres »

Voici dans quelles circonstances : le 15 août 1988, trois semaines après le début d’une opération menée par la jeune République islamique contre ses opposants, l’ayatollah Montazeri demande à voir les quatre membres de la « commission de la mort ». Ce sont eux, forts d’une fatwa de Khomeini, qui décident du sort des adversaires à la révolution. Au final, ils enverront à la mort plus de 30 

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