Moderna teste un vaccin à ARN messager contre le VIH

  
Bientôt un vaccin contre le VIH ? Le laboratoire Moderna, créateur de l'un des vaccins contre le Covid-19, lance ce 19 août des essais cliniques pour deux vaccins destinés à lutter contre le virus à l'origine du Sida.

Le test réunit 56 participants de 18 à 50 ans. Aucun d'entre eux n'est atteint du VIH. Comme le précise la fiche descriptive publiée sur ClinicalTrials, l'essai durera deux ans. Il faudra donc s'armer de patience : les résultats, suivis avec attention par l'Initiative internationale pour un vaccin contre le Sida, ne seront pas connus avant avril 2023. 

Les candidats vaccins de Moderna fonctionnent avec de l'ARN messager. Cette technique, déjà utilisée par le laboratoire pour son vaccin contre le Covid-19, est étudiée par les scientifiques depuis plus de trente ans. Elle consiste à envoyer directement des instructions génétiques aux cellules. Celles-ci fabriquent ensuite une protéine, qui aide à lutter contre la maladie. L'ARN messager est une grande avancée pharmaceutique : d'ordinaire, les vaccins se basent plutôt sur l'injection d'une partie du virus mort, ou atténué, pour stimuler la production d'anticorps.

173.000 séropositifs en France

Si l'ARN messager a permis de créer des vaccins contre le Covid-19, son efficacité contre le Sida reste à prouver. Le VIH n'est pas aussi «simple» à traiter que le coronavirus. Il a la particularité de muter énormément et de présenter beaucoup de sous-types. Mais surtout, contrairement au virus du Covid, le VIH «s'intègre», c'est-à-dire qu'il importe son matériel génétique dans les cellules qu'il infecte. Il se transmet ainsi d'une cellule à l'autre. Cette dernière spécificité rend particulièrement difficile l'élaboration d'un vaccin. 

Plus de 35 millions de personnes dans le monde sont décédées des suites du Sida depuis le début de la pandémie, dans les années 80. En France, 173.000 personnes sont séropositives et 24.000 ne le savent pas. Cela peut avoir des conséquences dramatiques, car tant qu'une personne ne prend pas de traitement, le VIH continue de dégrader le système immunitaire. 

Par CNEWS