Crise des sous-marins : L’UE pourrait annuler un sommet stratégique avec les États-Unis

  
C'est une nouvelle conséquence de la crise des sous-marins entre la France et les États-Unis. Alors que l'Hexagone ne décolère pas face à son allié américain, l'Union européenne pourrait annuler la tenue, prévue la semaine prochaine, d'un nouveau conseil américano-européen sur les technologies et le commerce, selon des sources européennes, mardi 21 septembre. "Une date avait été prévue la semaine prochaine pour la première réunion du Conseil commun du commerce et de la technologie (EU-US Trade and Technology Council, TTC)", a déclaré le porte-parole de la Commission européenne, Eric Mamer.

Mais face aux événements, "nous analysons l'impact de (l'accord militaire entre Washington, Londres et Canberra) AUKUS sur cette date", a-t-il précise. Les États-Unis, de leur côté, tablent toujours sur la tenue de cette réunion, a dit en revanche une responsable américaine à des journalistes en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.

Nouvelle instance

La secrétaire américaine au Commerce Gina Raimondo a de son côté, à l'issue d'une rencontre mardi avec le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton, souligné le "désir (des États-Unis) d'un engagement et d'une consultation étroits sur (leur) large éventail d'intérêts partagés, notamment par le biais du Conseil du commerce et de la technologie États-Unis-UE (TTC)".

Elle a également, dans ce communiqué, "réaffirmé l'importance que l'administration Biden accorde (au) partenariat avec l'UE". Les deux responsables, lors de leur entretien à Washington, "ont discuté de l'élargissement et de l'approfondissement de (leur) relation économique - la plus importante du monde - et de la collaboration pour garantir que (leurs) politiques profitent (aux) citoyens et (aux) industries des deux côtés de l'Atlantique".

Cette première réunion du TTC était prévue le 29 septembre à Pittsburgh, aux États-Unis. La création du TTC avait été annoncée en juin lors de la visite du président américain Joe Biden à Bruxelles. Réclamée par les Européens, cette nouvelle instance incarnait un rapprochement transatlantique après des années de tension sous la présidence de Donald Trump.

Inquiétudes commerciales

Le TTC vise à mieux coordonner les alliés pour des régulations respectueuses des droits humains, notamment dans la tech, pour contrer l'influence de la Chine souvent considérée comme une menace pour les normes éthiques occidentales (surveillance, confidentialité des données...). Selon un diplomate européen, les Français ont émis l'idée de reporter la réunion de Pittsburgh pour protester contre le pacte de sécurité dans la région indo-pacifique conclu entre les Etats-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni qui a entraîné la rupture d'un important contrat de sous-marins militaires passé par la France avec l'Australie.

Selon cette source, l'idée suscite cependant l'hostilité des pays baltes, traditionnellement alignés sur Washington, mais aussi de l'Allemagne. "Il revient à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de décider", a souligné un autre diplomate européen. L'entourage du ministre délégué français au Commerce extérieur Franck Riester, qui avait prévu de se rendre à Pittsburgh comme observateur, a indiqué qu'aucune décision n'avait encore été prise.

Ce nouveau conseil "est une manière d'arrimer plus étroitement la relations USA-UE dans l'Asie-Pacifique, et de parler de certaines des inquiétudes commerciales que nous avons tous sur la manière dont la Chine gère ses affaires", a plaidé la responsable américaine à New York, sous couvert de l'anonymat. "Donc je dirais que pour les pays de l'UE qui veulent être plus impliqués dans notre stratégie pour l'Asie-Pacifique, tenir le TTC est essentiel", a-t-elle ajouté.

Par capital.fr