Hong Kong : des centaines d'élus démissionnent plutôt que de prêter serment

 Carrie Lam, cheffe de l'exécutif, veut disqualifier les serments qui ne sont pas «valides» 
Des serments qui inquiètent. Ce 10 septembre, quelques élus locaux à Hong Kong ont accepté de promettre leur loyauté, après le refus d'une bonne partie d'entre eux.

En effet, 260 conseillers de district sur les 452 du territoire ont tout bonnement décidé de renoncer à leur mandat plutôt que de prêter serment. Cependant, même pour ceux qui ont choisi d'aller dans le sens du gouvernement, la méfiance est de mise. «Si nous avons des doutes sur la prestation de serment de certains conseillers et que nous ne pouvons pas faire totalement confiance à leur loyauté et à leur allégeance, nous leur donnerons la possibilité de s'expliquer.... Si leurs serments ne sont pas valides, ils seront disqualifiés», a déclaré Carrie Lam, cheffe de l'exécutif. 

D'après l'opposition, le but est notamment de cibler les élus du camp de la démocratie. Debbie Chan, l'une des élues qui a démissionné, a expliqué que ces serments étaient devenus «l'outil du régime pour vous tenir en laisse». D'autres secteurs, comme les fonctionnaires ou les parlementaires, pourraient rapidement être concernés.

Ces démissions en chaîne chez les élus de district ne sont pas anodines à Hong Kong. En effet, ils sont les seuls responsables politiques à être élus au suffrage universel, et représentaient donc les habitants du territoire dans un système très fermé. 

La situation continue donc de se tendre à Hong Kong, plusieurs mois après la mise en place de la loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine. Trois responsables de l'association Alliance, qui organise la veillée annuelle en hommage aux victimes de la répression de Tianamen en 1989, ont été arrêtés. Ils comparaissaient devant le tribunal ce 10 septembre pour «incitation à la subversion».

 Par CNEWS