Une fille d'immigrant tunisien candidate à la mairie de Boston

 Une fille d'immigrant tunisien candidate à la mairie de Boston 
Annissa Essaibi George, 48 ans, née de père tunisien et de mère polonaise, est l'une des quatre femmes qui se présentent mardi aux élections préliminaires à la mairie de Boston, dans le Massachusetts, parmi cinq candidats démocrates, dont trois Noirs et une Asiatique.

Mme Essaibi George est née le 12 décembre 1973 à Boston dans le Massachusetts. Ses parents sont arrivés aux Etats-Unis un an avant sa naissance, dans le quartier Dorchester de Boston.

Sous l'influence de sa mère d'origine polonaise, elle a reçu, avec ses frères et sœurs, une éducation catholique, tandis que son père tunisien était musulman pratiquant.

Citée par NBC 10 Boston, Annissa Essaibi George a déclaré que se débattre avec les différences culturelles et religieuses de sa famille a toujours été un défi.

La candidate aux origines multiculturelles s'affiche ainsi sur son site internet de campagne: "Boston, c'est chez moi. J'ai des racines profondes ici (...) De Dorchester à Charlestown, de Brighton à Mattapan en passant par East Boston et partout entre les deux, j'entends vos voix, vos histoires, vos luttes".

Mme Essaibi George a étudié les sciences politiques à l'Université de Boston. Elle a ensuite obtenu une maîtrise en éducation de l'Université de Massachusetts-Boston et a enseigné les sciences sociales à l'East Boston High School de 2001 à 2014.

Elle et son mari, Douglas George, ont quatre fils, dont des triplés.

"Une fille arabe ne gagnera jamais"

Dans NBC 10 Boston, Annissa Essaibi George explique avoir trouvé sa voix lorsqu'elle était au sein du gouvernement étudiant au lycée technique de Boston.

Alors qu'elle avouait à sa famille vouloir faire carrière en politique, son père lui avait répondu qu'une fille d'origine arabe ne gagnerait jamais une élection, confie-t-elle dans une vidéo publiée en ligne.

Avec force et détermination, elle a persisté. Aujourd'hui la démocrate est membre du conseil municipal de Boston depuis janvier 2016, à la suite des élections de novembre 2015, et a été réélue en 2017 et encore en 2019.

Au sein de la municipalité, elle a notamment proposé des ordonnances pour assurer l'élimination sûre des déchets tranchants. Un texte en ce sens a été adopté l'an dernier.

Mme Essaibi George est proche de l'ancien maire de Boston Marty Walsh, qu'elle connaît depuis l'enfance.

En juillet dernier, en pleine campagne pour la mairie, Mme Essaibi George a démenti les allégations du quotidien Boston Globe, selon lesquelles elle aurait utilisé sa position pour tenter d'empêcher la construction d'un bâtiment à proximité d'un immeuble de luxe appartenant à son mari, un promoteur immobilier.

L'affaire, reprise par la presse locale, avait fait grand bruit.

Des élections marqué​es par la diversité​

Depuis sa fondation il y a des siècles, la ville de Boston a toujours été dirigée par des hommes d'origine irlandaise ou italienne. Cette tradition prend fin en mars, lorsque Kim Janey, une Afro-Américaine, remplace à titre intérimaire le maire Marty Walsh, nommé ministre du Travail par le président Joe Biden.

L'élection de mardi est surtout marquée par la diversité des candidats en lice.

Outre Annissa Essaibi George qui est issue de parents d'origine polonaise et tunisienne, il y a aussi la conseillère municipale Michelle Wu, d'origine asiatique, et trois Afro-Américains: la conseillère municipale Andrea Campbell, John Barros, l'ancien chef du développement économique de la ville (qui a des origines cap-verdiennes), et l'actuelle maire intérimaire, Kim Janey.

Contrairement aux élections primaires qui permettent aux membres d'un parti de désigner le candidat qui va le représenter lors de l'élection générale, l'élection de mardi à Boston est ouverte à tous les électeurs qui résident dans la ville.

Les deux personnes qui obtiendront le plus de voix lors de ces préliminaires du 14 septembre passeront aux élections de novembre.

Par VOA Afrique