Au Sénégal, des élus cités dans une affaire de trafic de passeports diplomatiques

  
La classe politique est éclaboussée par une affaire de trafic de visas et de passeports diplomatiques incluant des députés de la majorité présidentielle et des membres fondateurs du célèbre mouvement citoyen "Y en a Marre".

Jour après jour, une affaire de trafic de visas et de passeports diplomatiques continue d’alimenter la polémique au Sénégal.

D’une part, les rappeurs Kilifeu et Simon, membres fondateurs du mouvement citoyen "Y en a marre", ont été confondus par des vidéos où ils proposaient des titres de voyage contre des sommes allant de deux millions de francs CFA et plus.

De l’autre, deux parlementaires sont accusés de mariages fictifs pour établir des passeports diplomatiques à leurs clients. Après l’arrestation des activistes, les Sénégalais s’attendaient à la levée de l’immunité parlementaire des deux élus mais la procédure tarde à être lancée.

Une situation que déplorent les populations.

"Des députés cités dans des scandales de corruption, notamment de fabrication de faux passeports diplomatiques c’est très grave", s’indigne un jeune homme qui a requis l’anonymat. "Des gros bonnets vont tomber, car pour fabriquer des passeports diplomatiques il faut liguer plusieurs entités publiques. L’enquête doit aller jusqu’au bout; que les responsables soient désignés et punis", ajoute-t-il.

À l’occasion du Magal de Touba, le grand pèlerinage annuel des Mourides, Pape Diop, ancien président de l’Assemblée nationale durant l'administration du président Abdoulaye Wade, a laissé entendre que de faux certificats de mariage étaient souvent établis par des députés pour obtenir le passeport diplomatique à leurs épouses fictives. Au Sénégal, pays où la majorité de la population souscrit à la foi islamique, la polygamie est un fait normal.

"Nous sommes dans un pays de droit. Membre de y’en a marre, députés ministres, homme d’affaires, toute personne citée dans cette histoire doit être punie", dit Pape, un jeune électricien qui ​vit à Dakar.

Samir Diop va plus loin, il appelle à une gestion rigoureuse pour trouver la tête pensante de ce réseau de faussaires.

"Il y a anguille sous roche", observe-t-il. "Des députés et des membres de Y en a Marre ne peuvent confectionner des passeports diplomatiques seuls. Ils ont certainement des complices, si vraiment l’enquête est suivie jusqu’au bout, des têtes vont tomber et pas des moindres", ajoute-t-il.

Pour l'heure, la Division des Investigations Criminelles poursuit son enquête.

Certaines représentations diplomatiques présentes au Sénégal s'y mettent aussi pour voir si leurs pays respectifs ont été dupés dans cette affaire.

Par VOA Afrique